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L’intention dans les questions du takfîr




Lintention dans les questions du takfr
(Partie 1)



Une mme parole utilise par deux individus diffrents peut vouloir dire chez lun la plus grande des vrits, et chez lautre, le plus grand des mensonges. [Madrij e-slikn dibn el Qayim (3/521).]


Louange Allah le Seigneur de lUnivers ! Que les Prires et le Salut dAllah soient sur notre Prophte Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !


Introduction


Un statut quelconque est la somme de lintention et de lindice extrieur qui se concrtise au niveau des paroles et des actes, comme le rclame le grand principe de notre sage lgislation. Celui-ci est la marque de la justice, de la sagesse, et de la misricorde divine. Les simples penses ou ambitions non concrtises nentrent pas dans le libre choix (el ikhtiyr). Aucun statut nest prvu cet effet, et heureusement, sinon, nous serions confronts une gne immense qui soppose cette sagesse, et misricorde divines.


Ainsi, lerreur, linattention, le lapsus (qui est une faute de langage ne par inadvertance), qui sont indpendant, voire contraire la volont de lindividu, la parole prononce sous la contrainte, ou sans en connaitre les implications est propre la nature humaine. Pratiquement personne nen est plus ou moins pargn. Si le Lgislateur en tenait compte, nous serions soumis une gne terrible. C'est pourquoi Il nen tient pas rigueur. Dans ce registre, nous avons livresse, la joie ou la colre extrmes.


Nous ne sommes pas responsables dans dix cas de figure


Quand la faute est motive par lerreur, loubli, la contrainte, le lapsus, quand on ignore le sens de nos paroles, quon perd lesprit, ou quon jure par mgarde. La raison, cest que ces erreurs nmanent pas de lintention (qasd) du cur, condition sine qua non pour tre responsable devant Dieu.[1]


Quiconque profre un blasphme (kalimat el kufr) sans ncessit apparente, en tout me et conscience, tout en sachant de quoi il en retourne, devient mcrant aussi bien dans son for intrieur que dans les apparences. Il est inadmissible de supposer quil puisse rester musulman au fond de lui.[2]






Les conditions du takfr


Il existe trois sortes de conditions qui touchent au takfir dun cas particulier :


Des conditions qui concernent lauteur de lacte : pubre, sain desprit, responsable, libre de ses choix, au courant de sa gravit (liman bi kufrihi), ayant agi en toute me et conscience, et intentionnellement (qasdan li filihi).
Des conditions qui concernent lacte lui-mme : seuls les textes (Coran, sunna, et le consensus) sont mme de dcrter son statut de mcrance ; il doit relever de la mcrance sans naccepter aucune ambigut, ni interprtation, ni hypothse.
Des conditions qui concernent la preuve du crime : tmoignage, aveu, rputation.[3]


Les restrictions au takfir


Il existe trois sortes de restrictions qui touchent au takfir dun cas particulier, et qui viennent en opposition aux conditions du takfir :


Des restrictions qui concernent lacte lui-mme : de sorte que la parole ou lacte ne relve pas explicitement de la mcrance, ou bien bas sur un texte ******uraire non explicite sur la chose. Dans ce cas, nous ne pouvons tre formels sur le statut de laccus ; sil est possible de se prononcer sur son cas, cest seulement en regard des implications et de la finalit de son acte. Cest ce que les lgistes appellent le takfr bi el mal wa e-lawzim.
Des conditions qui concernent la preuve du crime : de sorte que les tmoins, par exemple, ne soient pas habilits tmoigner en raison de leur ge, de leur manque de crdibilit, ou que leur nombre soit insuffisant, etc.
Des conditions qui concernent lauteur de lacte : cest ce que les spcialistes en usl dsignent sous le nom de awridh el ahliya, et qui sont les exemptions dchargeant un cas particulier de sa responsabilit devant Dieu.[4]


Les exemptions lgales


Celles-ci sont de deux sortes


Innes : impubert, maladie mentale, oubli, sommeil, etc.
Acquises : erreur (qui ne dpend pas de la volont comme le fait de prononcer un mot par mgarde), interprtation, ignorance, contrainte, perte totale de lesprit (ivresse) avec tous les dtails que ces questions impliquent.[5]
Les intentions ne sont pas prises en compte pour les blasphmes clairs et explicites


Si un cas particulier profre un blasphme qui est clair et explicite, de sorte que si on interrogeait lauteur sur ses implications, il les confirmerait, dans ce cas, rien ne sert de le sonder sur ses intentions, car il ne jouit daucun bnfice du doute. Nanmoins, dans la mesure o ses paroles peuvent se lire de plusieurs faons, dans le sens quelles ne sont pas clairement un blasphme, mais quelles peuvent tout aussi bien vouloir dire autre chose ; alors l oui, il incombe de connaitre ses intentions avant de le juger. Le discours des savants qui refuse daccorder la moindre attention aux intentions, porte sur les blasphmes clairs et limpides, non flous ni hypothtiques.


Ainsi, avant de se prononcer sur son cas, il incombe de regarder un certain nombre de choses :


Quil dissipe le doute sur ses intentions en assumant pleinement son blasphme, en sachant que lintention de faire lacte (qasd el fil), non de choisir la mcrance (irdatu el kufr) est lune des conditions du takfir respecter. Cela concerne le cas o le blasphme nest pas clair.
Nanmoins, quand il est clair comme leau de roche, il ny a plus aucun intrt le sonder, car il parle de lui-mme.
Pour les paroles ambiges, il incombe de tenir compte du principe de prcaution, et de faire une enqute avant de juger son auteur.
Notre enqute fera abstraction des implications de ses paroles, mais sen tiendra aux faits, car selon la rgle : les implications dune parole ne font pas autorit (lzim el madhhab lasa bi madhhab).
Si le coupable ne pntre pas le sens de ses paroles, il sera dsinculp. Cest dans ce cas que lon parle dignorance, non quil soit tolr dignorer que le blasphme est interdit.
La faute ne dune erreur qui est indpendante de la volont de la personne responsable (lapsus, colre, peur, et joie extrmes, etc.) na aucun effet lgal.
Contrairement certaines ides errones, peu importe que le coupable ait lintention (irdatu el kufr) de sortir ou non de la religion. En dautres termes, nous ne tenons pas compte de ses convictions vis--vis de son blasphme. Il peut trouver quil soit ou non lgitime, cela naura aucun effet sur notre jugement.[6]


En annotation au dernier point, Shekh el Fawzn explique : Ce dernier point nest pas prendre dans labsolu comme nous lavons vu prcdemment. Laccus ayant lintention de prononcer un blasphme explicite devient mcrant, sauf sil le prononce machinalement et sans intention. [7]


Ainsi, lintention prise en compte dans le chapitre de lapostasie est lintention de faire lacte (qasd el fil), non de choisir la mcrance (irdatu el kufr).[8] Shtib tablit ce sujet que les actes dpourvus dintention sont comme le mouvement des objets inertes ; ils nentrainent aucun statut.[9]


À suivre







[1] Ilm el mawqin (3/105-106).

[2] E-srim el masll dibn Tamiya (3/975).

[3] Qawid f bayn haqqa el mn (492-494) de Âdil ibn Mohammed ibn Al e-Shakhn qui lorigine est une thse s Magistre.

[4] Qawid f bayn haqqa el mn (p. 494) de Âdil ibn Mohammed ibn Al e-Shakhn qui lorigine est une thse s Magistre.

[5] Qawid f bayn haqqa el mn (494-510) de Âdil ibn Mohammed ibn Al e-Shakhn qui lorigine est une thse s Magistre.

[6] Dhawbit takfr el muayin (85-95) de Rshid e-Rshid.

[7] Dhawbit takfr el muayin en annotation (p. 95) de Rshid e-Rshid.

[8] El mn inda e-salaf (147-163) de Mohammed ibn Mahmd Âl Khudhar et qui fut revu et prfac par les shekh suivants : Abd Allah Aql, Abd e-Rahmn el Mahmd, Abd el Azz Âl Abd e-Latf, Alaw e-Saqqf.

[9] El muwafaqt (1/149).








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Lintention dans les questions du takfr
(Partie 2)


Ne pas confondre entre les motivations de la mcrance et les membres avec lesquels elle se matrialise

En fonction des motivations de son auteur et de ses facteurs, le kufr se subdivise en six grandes catgories :

Premirement : el inkr : (renier : quand on parle de sa provenance, autrement dit le cur), e-takdhb (dmentir : quand on parle de lorgane par lequel il se matrialise), et du kufr el jahl (ignorance : quand on parle de sa motivation). Il est noter que cette catgorie est peu courante en raison de la venue des prophtes par lesquels la preuve dAllah est tablie contre les hommes.[1]
Deuximement : el juhd : qui consiste reconnaitre Allah avec le cur, sans le traduire dans les paroles, comme cest le cas pour Pharaon.
Le kufr juhd : se divise en deux catgories :
en kufr mutlaq qui concerne le tahwd e-rububiya, les lois dAllah ou la mission des messagers,
et en kufr muqayid qui consiste renier une obligation, un interdit, ou nimporte quel enseignement de la religion.
Troisimement : el ind : qui consiste reconnaitre Allah avec son cur et dans les paroles, mais sans pour autant se soumettre sa religion comme Ab Tlib. Dans ce sens, nous avons le fameux kufr el b (par refus) et el istikbr (par orgueil) dibn Qayim qui concerne notamment Shatan et la plupart des Juifs.
Quatrimement : e-nifq : qui consiste reconnaitre la religion avec la langue sans y adhrer avec le cur. Cest le cas des hypocrites. Il est certes diffrent du kufr au niveau des apparences, mais en regard du devenir de son auteur dans lau-del, cest une forme de kufr. L aussi, il est question de nifq akbar et nifq asghar.
Cinquimement : el irdh : qui consiste se dtourner du message et ne pas vouloir lentendre sans forcment le dmentir ou le renier.
Siximement : e-shakk : qui consiste ne pas totalement tre convaincu du message prophtique.


En fonction des membres avec lequel il se matrialise, il se divise en trois catgories :
El kufr el qalb : qui concerne les lments de la croyance qui touchent au kufr akbar (comme le reniement, le scepticisme, lassociation dans les trois domaines du tawhd : Rububiya, Ulliya, el Asm wa e-Sift).
El kufr el qawl : qui concerne les paroles et touche aussi bien le kufr akbar que le kufr asghar. Il faut savoir ici que les paroles traduisent la croyance. Celui qui apostasie avec la langue apostasie immanquablement avec le cur, contrairement aux jahmites pour qui les paroles extriorisent la croyance, sans relever du kufr en elles-mmes ; cest le dall zhhir. Ainsi, peu importe que celui qui prononce le kufr soit convaincu par ses paroles ou non, tant donn quil les a dites en toute me et conscience (tatbuq e-zhhir bi el btin). Seul le mukra (qui les prononce sous la contrainte) est excusable.
El kufr amal : qui concerne les actes et qui se subdivise en
en mukhrij min el milla qui correspond aux actes sopposant littralement la foi (blasphmer, se prosterner devant une idole, uriner sur le Coran),
et ghari mukhrij min el milla comme le hukm bi ghari m inzala Allah et trik e-slat comme le souligne ibn el Qayim.[2]

Ainsi, il est plus prcis de classer le kufr de cette faon que de le classer en amal pour parler du kufr asghar et itiqd pour parler du kufr akbar tant donn que certains actes du domaine du kufr amal relvent du kufr akbar.[3]

En outre, pour les membres avec lesquels il se matrialise, les lgistes vont sintresser uniquement deux dentre eux : la parole et les actes. La raison, cest que sur terre, nous nous fions aux apparences et que personne, en dehors dAllah, nest mme de sonder les curs. Ainsi, les motivations du kufr, bien que dfinies par les spcialistes, ne sont pas de notre ressort. Il est extrmement difficile, en effet, de prouver quun tel fut motiv par telle ou telle motivation, sauf sil nous lapprend de sa bouche ou de sa plume. En revanche, dans le chapitre de lapostat, on sarrte, beaucoup moins alatoires et largement plus perceptibles, aux paroles et aux actes. Il incombe dans un domaine aussi grave de sen tenir des faits matriels. Ex. : quand on se moque de la religion, peu importe de savoir quelle en fut la motivation, car cache. Lessentiel, cest que nous avons faire une annulation de lIslam, en sachant quil existe une interaction entre le cur et les actes ; les actes ne sont que lexpression de la pense, et ils sont la seule chose que nous retenons pour nous faire un jugement.[4]

Remarques

Certains savants ramnent la mcrance au takdhb (ibn Jarr Tabar), ou la volont (Ab el Hasan el Ashar). Parfois, ils disent quelle est limplication du kufr itiqd (Hfizh el Hakam).
Or, il incombe de distinguer, comme nous lavons vu, entre avancer les motivations ayant pousses la mcrance, et dire que lacte en lui-mme ne relve pas de la mcrance, mais quil en est la preuve ou lindice, comme ltablissent les murjites.[5] Ainsi, comme le souligne Shekh el Fawzn, chaque acte est forcment accompagn dune attention. Cest la raison pour laquelle, le sommeil, loubli, la contrainte et limpubert, ne sont pas pris en considration dans ce domaine.[6]

Par rapport cela, la mauvaise ducation nest pas une restriction au takfr dans les cas de blasphme (insulter Dieu), sinon, cela reviendrait donner des excuses aux enfants Juifs et chrtiens, pour reprendre les termes de Shekh el Barrk. Sauf, si on entend par l, quon le prononce machinalement et sans intention. Dans ce cas, prconise le Shekh, il incombe de lutter contre cette mauvaise habitude, et de blmer son auteur.[7]

Il rejoint exactement les paroles de Shekh el Fawzn prcdemment cites et disant concernant le fait de ne pas prendre en considration les intentions de quelquun qui blasphme : Ce dernier point nest pas prendre dans labsolu comme nous lavons vu prcdemment. Laccus ayant lintention de prononcer un blasphme explicite devient mcrant, sauf sil le prononce machinalement et sans intention. [8]

Mais, restons, avec Shekh el Barrk, lauteur de la fatwa suivante : Insulter la religion musulmane en disant, par exemple, quelle est entirement ngative ou quil ny a rien de positif relve de la mcrance. Nanmoins, certaines gens maudissent la religion de son vis--vis musulman. Il ne vise pas lIslam dans labsolu, mais sa tendance, sa vision, sa faon de se comporter. Il ne fait que dnigrer la personne en face de lui. Cest mal, bien sr, mais nous ne pouvons laccuser de blasphme, car nous avons faire un musulman. Si vous voulez lirriter, vous navez qu lui demander sil est musulman. Nous devons donc distinguer entre les deux cas de figure. [9]

Cest peut-tre la lumire de ces explications que nous devons comprendre la fatwa suivante de Son Éminence : Shekh Dr. Ahmed ibn Al el Mubrak Membre de lOrdre des Grands Savants dArabie saoudite et du Comit permanent de la Fatwa :

Question : jai ordonn lun de mes frres qui a 18 ans de faire la prire et dobir aux parents, en mappuyant sur certaines paroles du Prophte (r). Cependant, il ma fait front en profrant de trs mauvaises paroles que je ne peux voquer ici. Il ma dit va-t-en ! dune faon familire, en vous prenant galement partie. Il va jusqu dire des paroles trs mauvaises sur le Messager (r) quAllah nous prserve ! Lvnement sest pass il y a une semaine. Quels conseils pourriez-vous nous donner sur cette affaire, quAllah vous garde ?

En rponse : cest trs grave auprs dAllah (I) dinsulter un musulman qui quil soit, mais cest encore plus grave quand il sagit de Mohammed ibn Abd Allah. Il na pas honte de faire cela ? Quest-ce quil lui a fait ? Apparemment, il y a un problme au niveau de lducation. Il est possible galement que ce jeune garon reoive la mauvaise influence de vautours qui lui inculquent une mauvaise croyance et qui labusent. Quoi quil en soit, il incombe davoir une discussion avec ce jeune. Il faut lui proposer calmement de revenir sur ces paroles et de sen repentir. Sil coute, alors cest tant mieux quAllah soit lou ! Sinon, il faut soulever son affaire un juge qui sera comment agir, que ces insultes visent le Prophte ou nimporte qui dautre. Malheureusement, quand il sagit de nous-mmes, nous ragissons tout de suite, mais quand il sagit du meilleur des hommes, personne ne bronche !

Comme si cela ne suffisait pas que les non-musulmans le prennent partie ! Nont-ils pas honte ! Quest-ce que Mohammed leur a fait, lui qui est une misricorde pour lHumanit entire et un sauveur ? Vous navez qu lire sa biographie du dbut la fin et vous y trouverez des splendeurs et des sagesses suprmes ingales. Vous y dcouvrirez des hautes vertus auxquelles aucun homme ne peut aspirer, car cet homme est immunis de lerreur (masm). Il faut donc se remettre en question, mais je rpte, nous avons une part de responsabilit dans ce genre dagissement, car nous navons pas fait notre travail dducation et dorientation comme il convient. Jimplore Allah de guider ce genre de personnes de Sa Grce !

Si cela est clair, nous pouvons passer au point suivant :

À suivre


[1] Ibn el Qayim dit ce sujet : Deux individus mritent le chtiment : le premier consiste se dtourner de la preuve dAllah par ngligence et ne pas la vouloir ni la mettre en pratique ni mettre en pratique ce quelle implique. Le deuxime consiste sen dtourner par orgueil aprs lavoir reue et dlaisser ses implications.
Le premier cest du kufr irdh,
Et le deuxime, cest du kufr ind.
Quant au kufr el jahl sans que la preuve dAllah ne soit venue et sans avoir la possibilit dy avoir accs, cest ce genre de kufr au sujet duquel Allah napplique pas le chtiment, pas avant que la preuve prophtique ne soit applique. [Voir : tarq el hijratan (p. 414)]

[2] E-salt wa hukm trikih (p. 37).

[3] Voir : e-Takfr wa Dhawbituhu de Shekh Ibrahim e-Ruhal.

[4] Qawid f bayn haqqa el mn (529-594) de Âdil ibn Mohammed ibn Al e-Shakhn qui lorigine est une thse s Magistre.

[5] E-tawassut wa el iqtisd f an el kufr yakn bi el qawl aw el amal aw el itiqd de Alaw e-Saqqf (p. 18).

[6] El muntaqa (2/9-10).

[7] Voir : jawb el mn wa nawqidhuhu de Shekh Abd e-Rahmn el Barrk.

[8] Dhawbit takfr el muayin en annotation (p. 95) de Rshid e-Rshid.

[9] Voir : jawb el mn wa nawqidhuhu de Shekh Abd e-Rahmn el Barrk.






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Lintention dans les questions du takfr

(Partie 3)


Sonder les curs dans les questions du takfr



Il faut savoir quil existe trois sortes dintentions (qasd) :



1- La volont parfaite (el irda el jzima), qui correspond au qasd el fil. Ainsi, quand on fait un acte sans intention de le faire, on entre dans le domaine de lerreur que le Lgislateur prend en considration dans les questions de restrictions au takfr. Ex. : marcher involontairement sur le Coran.

2- Le libre choix (el ikhtiyr) dans le sens o la personne choisit dlibrment de faire un acte dapostasie. Il est antonyme de la contrainte qui est galement une restriction au takfr.

3- La croyance (el itiqd), qui correspond irda el kufr qui na aucune influence sur le jugement dun cas particulier. Autrement dit, peu importe quon ait lintention ou non de sortir de lIslam en prononant ou en commettant du kufr.[1]



Il va sans dire que des grandes sommits comme Shekh el Albn parlent des deux premires formes dintention, et plus particulirement du qasd el fil. Les savants donnent pour exemple lhomme, qui ayant retrouv sa monture, dans le dsert, sexclama dans un lan de joie : Ô Allah ! Tu es mon serviteur et je suis ton seigneur ! [2] Ainsi, les savants tablissent que la volont parfaite et le libre choix sont des facteurs dterminants prendre en compte avant de se prononcer sur un cas particulier. Des restrictions comme ltat de joie ou de colre extrmes, qui font perdre le contrle des sens, sont prises en considration dans la question du takfr el muayin.[3]



Ibn el Qayim souligne que la prise en compte des intentions manant du cur est un grand principe de notre sage lgislation. Celui-ci est la marque de la justice, de la sagesse, et de la misricorde divine.[4] Cest exactement ce que nous apprend le hadth : Les actes ne valent que par leurs intentions, et chacun est rtribu en fonction de celles-ci. [5]



El Albn lui-mme tablit une rgle extraordinaire et disant quen commettant un acte de mcrance, on ne devient pas automatiquement mcrant (lasa kull man waqaa fi el kufr waqaa el kufr alah). Contrairement la tendance murjite, il considre que le blasphme relve du kufr akbar, mais, comme le souligne ibn Tamiya, le takfr el mutlaq (un cas dans absolu) nimplique pas forcment le takfr el muayin (un cas particulier), sauf dans la situation o toutes les conditions pour le faire soient remplies et o toute restriction obligeant sen abstenir soit en mme temps exclue.[6]



Le blasphme



On reproche Shekh el Albn de mettre en avant la mauvaise ducation et lignorance pour excuser certains cas de blasphme. Il va plus loin en imposant une peine corporelle au fautif.



En rponse, lignorance dont il parle touche qasd el fil, non irda el kufr. Autrement dit, on peut ne pas savoir que la parole quon prononce relve du blasphme ; dans ce cas on peut tre excusable. En revanche, ne pas savoir que la parole quon prononce relve du blasphme nest pas une excuse en soi, nuance. Quant la punition corporelle pour ce genre dignorance, il nest pas le premier en parler. Une fatwa dAbd e-Razzq Aff va dans ce sens.[7]



Dans son fameux ouvrage e-srim el masll, ibn Tamiya explique que dans certains cas de mauvaises paroles (maudire le temps, etc.), la chose est, en gros, interdite. Il faut sommer au coupable ne sachant pas que ses paroles dnigrent Allah ou la religion, de se repentir ! Il dit mme quil faut svrement le punir en vue de linstruire. Mais, il ne devient pas kfir, et il ne mrite pas la peine de mort, bien quil soit craindre dans son cas quil atteigne le degr de mcrance.[8]



Pour ce qui est de irdat el kufr, ibn Tamiya affirme que le blasphme entre dans les annulations de lIslam. Il implique la mcrance zhhiran wa btinan, peu importe que le fautif en face listihll ou non, ou quil soit convaincu que cela soit interdit ou non ; contrairement lopinion des murjites qui ramnent la mcrance la connaissance du cur et qui ne reconnaissent pas amal el qalb,[9] ce qui dans tous les cas nest pas le cas de Shekh el Albn.



Ibn Tamiya relve le consensus des savants sur la condamnation mort de toute personne qui dnigre le Prophte (r), peu importe quelle ait lintention de samuser ou non, ou quil linsulte sans intention de le dnigrer.[10]



En revanche, qasd el fil est un autre sujet. Ibn Tamiya en donne plusieurs exemples dans e-srim el masll. Il donne notamment celui de la campagne de diffamation dont fut victime Âisha. Il distingue entre ceux qui voulaient porter prjudice au Prophte, limage de Abd Allah ibn Uba ibn Salll, et ceux qui navaient pas du tout cette intention, comme Hassn, Mistah, et Hamnat. Les Compagnons lavaient bien compris ; ils voulaient condamner mort le premier, mais pas ces derniers, qui furent malgr tout punis la peine de diffamation.[11]

On peut dnigrer Allah et Son Prophte sans savoir que le mot quon a choisi a cette vocation. Cest pour ce cas quon tient compte du udhr bi el jahl, pas pour le blasphme manifeste (sabb e-salh), qui en effet noffre aucune circonstance attnuante, et aucune interprtation possible. Ibn Tamiya prend lexemple du Verset l taql rina. Les Juifs lutilisaient dans lintention de porter prjudice au Prophte, mais ce ntait pas le cas des Compagnons. C'est pourquoi le Coran ne les condamna pas la mcrance.[12]



Ailleurs, il donne lexemple du Verset inna dhlikom kna yu-dh e-nab v. 53 de s. el ahzb. Il parle des Compagnons. C'est pourquoi dans ce chapitre, ibn Tamiya opte pour le dtail.[13] Il explique notamment : Si un acte porte prjudice au Prophte (r) sans que son auteur ne le sache et sans quil nen ait lintention, il faut le lui interdire, car cest un pch. Ex. : lever la voix au-dessus de la sienne.

Cependant, sil a vraiment lintention de lui porter prjudice, ou bien sil a conscience quil lui porte prjudice, et quensuite il le fasse en toute me et conscience, cest dans ce cas quon devient mcrant et que les actes sannulent. [14]



Ainsi, il faut tenir compte des intentions dans le chapitre des nawqidh el imn. Cette question est intimement lie une autre question et sur laquelle rgne malheureusement galement une grande confusion et qui est e-talzum bana e-zhhir wa el btin.



Linteraction entre le cur et les actes



Ibn Tamiya tablit quil existe une interdpendance entre le cur et les actes entre le btin (intrieur) et le zhhir (extrieur). Il est impossible que la foi impose soit parfaite (ou valide) au niveau du cur sans que cela ne se traduise dans les actes.[15] Il en conclut que le jins el amal, qui fait tant dbat, est lune des implications de la croyance du cur, indpendamment de savoir si les actes sont considrs comme faisant partie des implications de la foi ou bien sils en font partie intgrante.[16]



Il explique galement que cette interaction va dans les deux sens, soit que les actes sont la preuve de la foi qui se trouve dans le cur.[17] En sachant que cette rgle nest pas valable dans tous les cas, et que, pour ce qui est, du jugement terrestre, nous devons uniquement nous ************r des apparences, comme stait le cas pour les hypocrites lpoque du Prophte (r).[18] Quant au statut de la personne auprs dAllah, personne ne peut le savoir en dehors de Lui.





Les cas de blasphme



Pour revenir au qasd el fil, il existe quatre cas de figure dans la relation qui lie les intentions (btin) aux actes (zhhir), concernant le domaine du takfr.[19]



1- Le qusd fait sortir un individu de lIslam, mais les actes ne prtent pas le dire. Cest le cas des hypocrites. En apparence, ils jouissent des mmes droits que les musulmans.

2- Les actes (zhhir) sont la preuve catgorique qu lintrieur il est mcrant. Cest le cas du blasphme (sabb Allah, e-Rasl, etc.). Le blasphme est un acte de mcrance en lui-mme, qui ne peut provenir dun croyant. Ibn Tamiya explique que celui qui blasphme est un kfir btinan wa zhhiran. Il donne galement lexemple de celui qui jette le Coran, tue un prophte des actes qui dmontrent labsence totale de la foi au Coran. Et quand bien mme le coupable affirmerait le contraire, nous ne le croirions pas.[20]

3- Un cas particulier fait un acte de kufr qui est clair, mais qui ne nous permet pas de le kaffar, car nous ne sommes pas catgoriques sur ses intentions, dans le sens o plusieurs hypothses sont possibles. Cest le cas de celui qui a demand ses enfants de le brler aprs sa mort.

4- Un cas particulier est lauteur dun acte qui ne nous permet pas de le kaffar de faon catgorique, car ambigu, et dans la mesure o nous navons pas dindication sur ses ambitions. El Qadhi Iydh donne lexemple de celui qui refuse de prier sur le Prophte (r) en disant, dans un lan de colre, quAllah ne prie pas sur celui qui prie sur lui. On demanda Sahnn, sil est considr comme celui qui insulte ouvertement le Prophte (r) ou les anges qui prient sur lui. Il rpondit que non, tant donn quil tait nerv et quil navait pas lintention dinsulter le Prophte (r). Pour Ab Ishq el Barq et Asbgh ibn el Faraj, il ne faut pas le tuer, car il voulut simplement insulter les gens. Cette tendance rejoint celle de Sahnn. Insulter le Prophte sous leffet de la colre nest pas une excuse, mais ses paroles portent confusion, et aucun nlment nindique quil voulait rellement insulter Mohammed ou les anges. Aucune prmisse ne va non plus dans ce sens. Les indices vont mme dans le sens contraire. Cependant, el Hrith ibn Maskn et dautres savants voient la peine de mort pour ce cas prcis, et ne lui offre aucune circonstance attnuante.[21]



Ainsi, il existe une divergence sur ce dernier cas de figure, ce qui nimplique nullement de taxer de murji celui qui rejoint la tendance du grand lgiste Sahnn. Par ailleurs, le principe de prcaution joue un rle capital en matire de droit pnal.



À suivre






[1] Voir : ridh el jahl de Rshid e-Rshid (p. 125-126).

[2] Rapport par el Bukhr (6308) et Muslim (3927).

[3] Voir : el qawid el muthl de Shekh el Uthamn (p. 89).

[4] Ilm el mawqin (3/105-105).

[5] Rapport par el Bukhr (1), Muslim (1907), e-Tirmidh (1647), e-Nas (75), Ab Dwd (2201), ibn Mja (4227), et Ahmed (1/43).

[6] Mujm el fatw (12/487-488).

[7] Voir : fatw wa rasil Shekh Abd e-Razzq Aff (1/173).

[8] E-srim el masll (p. 562, mais aussi p. 495)

[9] Voir : e-srim el masll (p. 324, 451-454, 562, mais aussi p. 495).

[10] E-srim el masll (p. 195, 465).

[11] E-srim el masll (p. 58-59, 179-180).

[12] E-radd al el bakr (341-342)

[13] Majm el fatwa (7/582).

[14] E-srim el masll (p. 2/120).

[15] Majm el fatw (7/582).

[16] Majm el fatw (7/616 et 631).

[17] Sharh el asfahniya (p. 142).

[18] Majm el fatw (7/620-621).

[19] Voir : nawqidh el mn el qawliya wa el amaliya qui est une thse s Doctorat du D. Abd el Azz Âl el Abd e-Latf

[20] Majm el fatw (7/621).

[21] Voir : e-shif (2/979-980), et ilm el mawqin dibn el Qayim (3/108).







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07-27-2013, 12:20 AM   #4
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Lintention dans les questions du takfr

(Partie 4)



Le principe de prcaution



Les savants tablissent que la takfr a lieu sur des choses qui sont claires, et qui noffrent aucune circonstance attnuante au fautif. Ils font une distinction entre ce que lon appelle m yudhd el iman mi kulli wajh (qui soppose la foi tous les niveaux) et pour lequel le fautif devient un kfir si les conditions sont runies et les restrictions exclues ; et m l yudhd el iman mi kulli wajh (qui ne soppose pas la foi tous les niveaux). Quant au deuxime cas, il incombe de linterroger sur ses intentions, comme le Prophte (r) la fait avec Htib ibn Ab Baltaa.[1]



Ibn Tamiya explique ce sujet : Le takfr ne peut savrer pour des choses o plusieurs hypothses sont possibles. [2] La preuve, comme le souligne ibn Taimiya, cest que celui qui se prosterne devant une idole avec le cur tourn vers Allah ne devient pas un kfir.[3] Ainsi, lacte en lui-mme peut passer de shirk akbar bida et shrik asghar quand lintention est voue au Trs-Haut. Le Comit des grands savants dArabie Saoudite a une fatwa (nº 9879) qui va dans ce sens, et qui fut rdige sous lautorit de Sheikh ibn Bz, au sujet du tawf autour des tombes. Shekh el Albani a la mme fatwa sur celui qui gorge devant une tombe.[4] Lancien mufti Mohammed ibn Ibrahim rejoint ce principe dans une fatwa o il parle galement de ceux qui gorgent pour Allah devant des mausoles.[5] Mme chose, pour celui qui prie devant un mausole.[6] Ce dernier va plus loin, dans une fatwa traitant du cas de quelquun ayant insult la religion dun autre. Ce nest pas vident, selon lui, quil voulait insulter lislam. Il explique quil fallait tenir compte de la prsomption dinnocence avant dappliquer les peines corporelles.[7] Nous avons vu plus haut une parole de Shekh el Barrk allant dans ce sens.



Shekh el Uthamn distingue entre ceux qui se moquent des barbus en parlant de leur personne et ceux qui sattaquent rellement la religion, bien que de toute faon la chose reste trs prilleuse.[8]



C'est pourquoi ibn el Qayim souligne que le kufr au niveau des actes se partage entre ceux qui sopposent la foi tous les niveaux et ceux qui ne sy opposent pas, comme nous lavons dj vu dans un article prcdent.[9] Ibn Rajab dira plus tard que mme au niveau des paroles, il faut tenir compte des intentions.[10] El Albn galement un discours qui va dans ce sens, et qui fut dailleurs peut-tre mal interprt, wa Allah alam !



LImam Ahmed lui-mme, comme le mentionne ibn el Qayim dans el badi fut interrog au sujet dun homme qui traita de menteur le muzin au moment o ce dernier disait : ashhadu anna Mohammed rasl Allah ! Il est possible, rpondit-il, quil parlait du muzin sans faire allusion aux paroles quil prononait.[11]



C'est pourquoi le musulman scrupuleux ne saventure pas sur un terrain aussi glissant. LImam ibn Abd el Wahhb la bien compris, quand il dit quil ne kaffar que pour les choses o rgne le consensus, en parlant de lattestation de foi. Il ne le faisait mme pas pour le tarik e-salt par fainantise, bien quil existe des textes sur la question, et que la tendance qui penche vers le takfr est trs forte.[12]



Dans riydh e-slihn, e-Nawaw, pour sa part, explique au sujet du terme bawh que pas la moindre ambigit ne doit rgner pour le devenir. Enfin, dans sharh qawid el muthl, Sheikh el Uthamn est trs svre sur la question de kaffar les gouverneurs au premier abord, dans la mesure o ces derniers naffichent pas ouvertement quils autorisent moralement lusure ou autre. La plupart du temps, ils sont ignorants et sont influencs par un mauvais entourage, et parfois mme malheureusement par des mauvais savants.[13]



Ailleurs, il explique : Il est possible que lune des motivations qui poussent appliquer des lgislations qui sopposent la religion, soit la menace que certains gens plus puissants font rgner sur lui. Il cherche ainsi se les concilier. Cest pourquoi, nous disons, quil nest pas diffrent ainsi des autre pcheurs qui sont motivs par les mmes raisons [14]



Le kufr extrieur est lindice du kufr intrieur



Pour bien comprendre cette rgle, il incombe de distinguer entre deux tendances :



Premirement : les murjites pour qui le kufr ne se vrifie pas au niveau des paroles et des actes, mais ceux-ci sont la preuve du kufr.



Deuximement : certains traditionalistes pour qui le kufr a lieu au niveau des paroles et des actes, mais en mme temps, il est lindice du kufr itiqd (intrieur). Cette opinion est correcte en regard de linteraction entre la foi et les actes, comme nous lavons vu. Quand lintrieur est corrompu, cela se reflte automatiquement sur les actes.



Dans son fameux ouvrage e-srim el masll, ibn Tamiya considre que le kufr extrieur est la preuve (dall) du kufr intrieur. Quon en juge : La foi et lhypocrisie puisent leur essence dans le cur. Ce qui apparait dans les paroles et les actes ne sont que la consquence (far) et la preuve (dall) de ce quil y a dans le cur. Ce qui permet de juger une personne, cest quelle exprime extrieurement ce quelle a dans le cur.

Allah (I) nous informe que les hypocrites prennent en drision et portent atteinte la personne du Prophte (r). Cest la preuve de leur hypocrisie et sa consquence. Il va sans dire quune consquence et quune preuve tmoigne de la prsence dune essence (ou dune origine ndt.). Ces lments extrieurs confirment ltat dhypocrisie chez une personne ; peu importe quelle le soit avant davoir prononc sa parole, ou tout simplement en layant prononc. [15]



Ainsi, les actes extrieurs sont la preuve des sentiments, et les mauvais sentiments sextriorisent obligatoirement. On ne peut dnigrer avec le cur et dans les paroles une personne quon encense et qui on doit obissance. Ces deux sentiments sont incompatibles et opposs. Quand lun se manifeste dans le cur, cest en raison de labsence de lautre. Dnigrer le Prophte (r) soppose littralement la foi.[16] Qui peut oser dire quibn Tamiya rejoint les murjites ?



Dans un autre passage, ibn Tamiya est encore plus loquent. Il dveloppe en effet : Dans cet ordre, celui qui dment le Messager avec son cur, qui le dteste, le jalouse, et qui refuse par orgueil de le suivre commet un crime plus grand que celui qui commet des mauvais actes (extrieurs) dnous ce cette croyance, comme le meurtre, ladultre, lalcool, le vol. Quant aux actes de mcrance extrieurs comme se prosterner devant une idole, insulter le Messager, etc. cest uniquement dans la mesure o ils impliquent la mcrance intrieure. Sinon, en supposant quen se prosternant devant une idole, sans intention de le faire son attention, mais en ayant le cur tourn vers Allah, cela ne relve pas de la mcrance.[17]



Cela peut mme devenir autoris, pour celui qui, se trouvant au milieu des paens, craint pour sa vie ; cest ce qui le pousse faire comme eux en apparence, tout en ayant lintention de se tourner vers Dieu en se prosternant. Il est dit que certains savants musulmans et des gens du livre se livraient ce genre de choses, avec des paens, qui se convertirent. Ils les appelrent la religion, sans afficher, au dbut, leur dsaccord. [18]



Daprs Abd Allah ibn Ab Awf, lorsque Mudh rentra du Shm, il se prosterna devant le Prophte (r) en guise de salutation : Que fais-tu Mudh Lui demanda-t-il ?

- Je me suis rendu dans la rgion du Shm, expliqua-t-il. Je les ai vus se prosterner devant leurs moines et leurs prtres. Je me suis dit que nous devrions faire pareille envers toi.

- Ne le faites envers personne, rtorqua-t-il, si javais ordonn un tre humain de se prosterner devant un autre, jaurais ordonn la femme de se prosterner devant son mari [compte tenu des droits immenses quil concde sur elle]. Par Celui qui dtient lme de Mohammad entre Ses Mains ! Elle ne remplira pas ses devoirs envers Allah tant quelle ne remplira pas ses devoirs envers lui. Sil la dsire, elle ne doit pas se refuser lui, quand bien mme elle serait dos de chameau. [19]



En explication ce hadth, Shekh el Islam souligne : Quant lhumilit spirituelle, la dvotion du fond du cur (qunt), la reconnaissance de la Seigneurie et de la divinit, celles-ci reviennent dans labsolu Allah Seul. Il est impossible et compltement faux que quiconque en dehors de Lui puisse sarroger un tel droit.



Quant la prosternation, cest une pratique religieuse quAllah nous a impos de faire devant Lui. Cependant, sIl nous avait demand de le faire devant une crature, nous laurions fait par obissance envers Lui (dans la situation par exemple o Il aimerait que nous honorions lune de Ses cratures). SIl ne nous lavait pas ordonn, nous ne laurions jamais fait. Les anges se sont prosterns devant Adam pour obir, adorer Dieu, et se rapprocher de Lui travers cela. Dans le cas dAdam, cest en guise dhonneur et dencensement. Quant aux frres de Ysaf, ils se prosternrent devant lui en guise de salut. Ne vois-tu pas que si Ysaf stait prostern devant ses parents, il ny aurait rien eu son encontre [20]



Ailleurs, il signe : Les animaux se prosternaient devant le Prophte (r), bien quil nadorent quAllah. Comment peut-on dire alors que la prosternation implique obligatoirement ladoration ? Alors que le Prophte (r) est lauteur des paroles : Si javais ordonn un tre humain de se prosterner devant un autre, jaurais ordonn la femme de se prosterner devant son mari, compte tenu des droits immenses quil concde sur elle. [21] Il va sans dire quil na pas dit : Si javais ordonn un tre humain dadorer[22] Deux pages avant, il fait la distinction entre se prosterner pour une chose (avec encensement et rvrence) et devant une chose.[23]



Cest ce qui nous pousse parler du kufr el itiqd dans la partie suivante :



À suivre



[1] Voir : el umm de Shfi (4/250).

[2] Voir : e-srim el masll (3/963).

[3] Voir : majm el fatw (14/120).

[4] Ahkm el janiz (p. 203).

[5] Voir : el fatwa (1/131).

[6] Idem. (1/132)

[7] Idem. (12/186).

[8] El majm e-thamn (1/65).

[9] E-salt (p. 55).

[10] Fath el Br (1/114).

[11] El badi (4/42).

[12] E-durar e-saniya (1/102).

[13] sharh qawid el muthl.

[14] Fitna e-takfr.

[15] E-srim el masll (p. 35)

[16] E-srim el masll (p. 521-523, et 527).

[17] Autre traduction possible et qui est mme peut-tre plus prcise : Sinon, si, par concidence, il venait se prosterner devant une idole

[18] Voir : majm el fatw (14/120).

[19] Hadth rapport par ibn Mja dans son recueil (1853), Ahmed (21986), et ibn Ab Shaba (4/305) ; Shekh el Albn la authentifi dans sa correction de sunan ibn Mja.

[20] Voir : majm el fatw (4/360).

[21] Hadth rapport par ibn Mja dans son recueil (1853), Ahmed (21986), et ibn Ab Shaba (4/305) ; Shekh el Albn la authentifi dans sa correction de sunan ibn Mja.

[22] Voir : majm el fatw (4/360).

[23] Voir : majm el fatw (4/358).








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L’intention dans les questions du takfîr
(Partie 5)


Le kufr el i’tiqâdî

Abû Nasr el Marwazî est l’auteur des paroles : « … La foi est composée d’une essence et des branches ; elle est antonyme à la mécréance dans tous les sens du terme. L’essence se compose de la reconnaissance et de la croyance, et les branches permettent de parfaire les actes du cœur et des membres. Mécroire en Allah, en Ses enseignements, et renoncer à croire en/pour Lui est antonyme de la reconnaissance et de la croyance qui composent l’essence de la foi.

L’antonyme de la foi qui touche aux actes non à la reconnaissance est une mécréance qui ne fait pas sortir de la religion, mais qui consiste à négliger les actes ; de la même manière que les actes intègrent la foi, mais sans relever de la reconnaissance d’Allah. En délaissant la foi au niveau de la reconnaissance d’Allah, on devient mécréant à qui on somme de se repentir.

De la même manière, en délaissant la foi au niveau des actes (l’aumône légale, le pèlerinage, le jeûne, éviter de boire du vin et de faire l’adultère par scrupule religieux) on perd une partie de la foi, mais on n’est pas sommé de se repentir, selon notre opinion et celle de nos opposants sur la question qui nous concerne parmi les traditionalistes, mais aussi parmi les innovateurs adhérant au crédo selon lequel la foi est composée de la croyance et des actes. Seuls les kharijites se distinguent sur la question.

Quand nous disons qu’il est mécréant pour avoir négligé les actes, cela ne veut pas forcément dire qu’on lui somme de se repentir et qu’il n’est plus concerné par les lois de l’Islam… étant donné qu’il ne touche pas à l’essence de la mécréance qui consiste à renier Allah ou Ses enseignements…

C’est à partir de ce raisonnement que nous soutenons l’idée selon laquelle en délaissant la croyance, on est mécréant, et en délaissant les obligations tout en donnant foi à leur caractère obligatoire, on n’est pas mécréant, si ce n’est qu’on a délaissé la vérité. On dit bien : tu as renié mon droit et mes bienfaits dans le sens où tu les as négligés en faisant preuve d’ingratitude.

Les tenants de cette tendance disent : nous nous appuyons en cela sur l’exemple des Compagnons et de leurs successeurs qui pouvaient désigner par le terme mécréant les branches de la mécréance, non son essence ; soit une mécréance qui ne fait pas sortir de la religion ; de la même manière qu’ils pouvaient désigner par le terme foi, les branches de la foi non son essence ; en les délaissant, on ne sort pas de la religion. »[1]

Dans l’un de ses ouvrages, Sheïkh Sa’dî affirme : « En un mot, en démentant (takdhîb) Allah ou en démentant Son Messager dans les enseignements qu’il rapporte, on devient mécréant ; ou bien, en n’adhérant pas (lam yaltazim) aux commandements d’Allah et de Son Messager. Toutes ces choses s’opposent à la foi conformément au Coran et à la sunna. Tous les discours des légistes expliquant en détail les formes d’annulations reconnues de l’Islam reviennent à cette cause. »[2] La cause en question, c’est le takdhîb ou ‘adam el iltizâm. Ainsi, l’ambiguïté que peuvent susciter ces paroles se dissipe, car il veut dire que l’origine du kufr a lieu soit au niveau du qawl el qalb soit au niveau de ‘amal el qalb.

Ibn Taïmiya explique ce phénomène : « La Parole d’Allah est composée des enseignements (khabar) et des commandements (amr). Les enseignements réclame de croire (tasdîq) aux paroles de l’interlocuteur, et les commandements réclame de s’y soumettre (el inqiyâd et l’istislâm), qui correspond aux actes du cœur (‘amal el qalb), renfermant la soumission totale (khudu’ et inqiyad) aux commandements, même sans les mettre en pratique (in lam yaf’al el ma-mur bihi). En répondant à l’enseignement par le tasdîq et au commandement par l’inqiyâd, on obtient l’origine de la foi dans le cœur, qui n’est autre que l’apaisement (tu-manîna) et l’iqrar. »[3]


Il explique la page suivante : « La foi est composée des paroles et des
actes – je veux dire à l’origine – des paroles du cœur (qawl el qalb) et des actes du cœur (‘amal el qalb).

La foi, conformément aux Paroles d’Allah et à Sa Révélation renferme Ses enseignements et Ses commandements. L’individu croit aux enseignements (tasdîq), ce qui va engendrer un état dans le cœur dont l’intensité sera en fonction de l’enseignement. Le tasdîq est une forme de savoir et de qawl. Puis, il se soumet au commandement ; c’est l’inqiyâd et l’istislâm qui est une forme de volonté et d’acte (irâda wa ‘amal). Il ne peut être croyant sans fournir les deux en même temps.

En délaissant (taraka) l’inqiyâd, il devient un orgueilleux et compte ainsi parmi les mécréants, quand bien même il fournirait le tasdîq. »[4]
Sheïkh Hâfizh el Hakamî explique dans ce registre : « Si on nous demande : se prosterner devant une idole, dénigrer le Coran, insulter le Messager (r), se moquer de la religion, etc. relèvent du kufr ‘amalî (mécréance des actes), et pourtant ils font sortir de la religion, alors que vous avez défini le kufr ‘amalî par la mécréance mineure. »

Puis, il enchaîne : « Sache que ces quatre annulations de l’Islam et autres relèvent du kufr ‘amalî uniquement dans le sens où elles proviennent des membres ; c’est ce qui apparait aux gens. Cependant, elles ne peuvent provenir sans perdre les actes du cœur (‘amal el qalb), comme l’intention, la sincérité exclusive, la soumission.

Il ne reste plus rien de ces sentiments. Ainsi, bien qu’elles proviennent des actes en apparence, elles impliquent obligatoirement le kufr i’tiqâdî (la mécréance du cœur). Elles ne peuvent provenir que d’un hypocrite, renégat, obstiné et tyran. »[5] Il rejoint exactement le discours d’ibn Taïmiya cité précédemment.

Sheïkh Hâfizh el Hakamî explique qu’en fait, le kufr extérieur implique le kufr intérieur, et c’est dans ce sens qu’il utilise le terme kufr i’tiqâdî, non qu’à ses yeux, il n’y a pas de kufr ‘amalî mukhlij min el milla…


Ce qui a échappé à Dawsarî et à d’autres, c’est que certes le kufr akbar provient du cœur, de la parole, et des actes, mais les savants utilisent cette classification ou certaines de ses parties, pour désigner soit le kufr akbar soit le kufr asghar, en regard de différentes considérations. Certains d’entre eux en effet se permettent des dépassements dans le choix du vocabulaire, et utilisent un terme dans un autre sens que son sens premier ou son sens technique. Ils sont motivés par de multiples raisons qu’il serait trop long d’expliquer.

L’essentiel est de savoir que selon l’usage courant, le kufr akbar désigne le kufr i’tiqadî et que le kufr asghar désigne le kufr ‘amalî. C’est donc, par condescendance. Quant au kufr el qawlî, il entre parfois dans le kufr akbar et parfois dans le kufr asghar.[6] Wa Allah a’lam !

Or, comme nous l’avons vu, il est plus précis de classer le kufr en mukhrij min el milla et ghaïri mukhrij min el milla que de le classer en ‘amalî pour parler du kufr asghar et i’tiqâdî pour parler du kufr akbar étant donné que certains actes du domaine du kufr ‘amalî relèvent du kufr akbar.[7]
Wa bi Allah e-tawfiq !
Par : Karim Zentici



[1] Ta’zhîm qadr e-salât d’Abû Nasr el Marwazî (2/519).

[2] El irshâd ilâ ma’rifa el ahkâm (p. 210).

[3]E-sârim el maslûl (p. 521).

[4]E-sârim el maslûl (p. 522).

[5]200 suâl wa jawâb fî el ‘aqîda (p. 99).

[6] Voir : e-takfîr wa dhawâbituhu (p. 110)

[7] Voir : e-takfîr wa dhawâbituhu de Sheïkh Ibrahim e-Ruhaïlî









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